Mise en boîte, en châsse ou encore le « Vieil art d’accommoder les restes »

Mise en boîte, en châsse ou encore le « Vieil art d’accommoder les restes »

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Pas beau ! Peut-être ! D’accord ! Soit !
Pourtant moult Dames en restent coites.
Et trouvent sa quête artistique fort adroite.
Il en est même qui seraient un peu moite.
Ah ! Vous trouvez la tournure inadéquate ?
Possible ! Son interprétation reste étroite,
Alors, disons qu’il les met toutes en boîte
Et que ces Dames en restent benoîtes
Tel le bambin devant un singe alouate.
Ou tel celui qu’on coucherait dans l’ouate.
L’artiste, lui, propose moult trucs en boîte.
Conserves dont personne n’a l’ouvre-boîte.

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Qu’il s’agisse de vieilles ou décrépies carcasses
Et de vils objets tout justes bons pour la casse.
Dans un premier temps, l’artiste les amasse.
Puis, nous les fait découvrir, présentés en châsse.
Par magie, les insolites œuvres irradient. La classe !
Bien que composées de trucs dont tu te débarrasses,
Tu touches du doigt, ta propre bêtise… crasse.
Les brimborions mis en valeur reprennent grâce.
Aux vitrines des œuvres, il ajoute légères crasses.
Restitue ainsi des images légèrement fugaces
Que tu observes à travers une série de glaces,
Ça gêne les esprits n’en ayant aucun. Ils s’en agacent.
Pour le bien-pensant, les rebuts, c’est l’angoisse.
Quoi ?… Accommoder de vieux restes ! C’est trop d’audace !

Père Siffleur / avril 2016

* Exposition d’André Jaccard à la Galerie Arts et Lettres de Vevey (2008)

André Jaccard

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Une pinte bien de chez nous

Une pinte bien de chez nous

Pinte Besson

Vin et autres roboratives boissons :
Vous les trouverez à la Pinte Besson
Ollon, Épesses ou même Calamin.
Vous seront servis en un tournemain
Par deux jeunes femmes fort amènes.
La Blonde se prénomme Hélène,
La Brune, jolie trotte-menu,
Porte le petit nom de Manu.-
Et par un garçon sympa, jeune gars
Qui servira aussi bières et pastagas.

*****

Bien entendu, comme il se doit,
Le Patron est presque vaudois.
Même si c’est Carlos son prénom
Il est bien d’chez nous ! Crénom !
Tous les habitués le connaissent
Ce Grand-Maître du « bisenesse ».
Soiffards, saoulards et autres zèbres
Qu’ils soient quidams ou célèbres,
Sans aucune forme de discrimination
Il les accueille dans leurs libations.

*****
On y voit même de vrais artistes
Et jusqu’à peu, un contrebassiste.
Peintres, photographes, écrivains.
Point commun : buveurs de vin.
Intellectuels, réels ou pseudos érudits
Que jamais personne n’a contredit.
Des rentiers, là pour ne point s’emmerder,
Et ressortant en faisant des embardées.
Un ancien portant toujours cravate.
Un ou deux véritables traîne-savates.

*****

Gens simples aux vies compliquées,
Syndicalistes sans rien à revendiquer,
Politiciens qui, puisque revenu de tout,
Restent à boire pinard et un peu de tout.
N’étant pas forcément du même bord
Y a qu’sur la boisson qu’ils sont d’accords !
Vieux buveurs rêvant à leur jeunesse,
Aux propos pas toujours de grande finesse.
Quelques dames qui, gentiment, papotent
Attendant qu’le p’tit verre bu les ravigotent.

*****
Et puis, d’autres, accoudés au bar
Racontant leurs exploits, des jobards
Ou alors d’anciens soixante-huitards.
Avec au moins une guerre de retard.
Un ou deux réacs, un chouia fachos
Mais, heureusement, plutôt manchots
Avec une tronche rubiconde d’alcolo,
Ou celle de clowns pas franchement rigolos.
Ils s’enfilent moult décis dans le gosier
Se racontant… En un énorme sottisier.

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Parfois ça fouette un peu la fondue
Oui, car ici, toutes races confondues,
À même le caquelon, on déguste
Le fromage de cette recette robuste.
L’été, sur la terrasse du caboulot
Le personnel a un sacré boulot.
La bière mousseuse coule à flot.
C’est tout bon pour le cash-flow.
Le patron, lui, s’en frotte les mains.
Les habitués, eux, en restent au Calamin.

Pinte Besson 2