LA COMPLAINTE D’UN BANQUIER, « PETIT FRÈRE » DE MADOFF

LA COMPLAINTE D’UN BANQUIER, « PETIT FRÈRE » DE MADOFF

Lorsque sur le vieux banc, je m’assois

Vis-à-vis de ma banque, à Saint-François*

Ne suis plus qu’un homme sur son banc

Qui se souvient de sa vie de vieux forban.

 

Alors, j’égrène les miettes de ma gloire,

Tout autour de moi, sans aucun espoir.

Des miettes que les pigeons picorent,

En en redemandant. Encore, encore.

 

Ils ne me lâchent plus, ils se vengent

Et ma gloire en miette ils la mangent.

Également pigeons étaient mes clients

Et longtemps, j’ai vécu en les spoliant.

St-François

* Saint-François n’a jamais été banquier. Pourtant, à Lausanne, la Place qui porte son nom est celle des banques.

(Malgré les fusions à répétitions, elles restent deux sans compter la Poste et son organisme financier (Postfinance) devenu également un des cinq « too big to fail » de notre belle Helvétie.)

Publicités
Les voyageurs

Les voyageurs

Le train part de Genève, direction la France,

Pour trois voyageurs le périple commence,

Deux francophones et un Suisse-Allemand

Qui sont assis dans le même compartiment.

Le Germanophone parle bien notre langue

Avec ce petit accent qui a l’allemand pour gangue.

L’homme engage la conversation et demande,

En un parler compris de toute la Suisse-Romande:

Pardon Messieurs ! De quel côté allez-vous ?

Avec mes excuses. Je suis curieux, savez-vous !

 

Les deux Messieurs se font un signe de l’œil

Et à cette question, ils présentent vilain accueil.

Le premier: – Je vais à «ParisS» avec deux « S »

Et pas uniquement pour affaire, je le confesse !

L’autre: – Et moi, «BordeauxX», avec deux « X »

Visiter cette belle ville est, pour moi, une idée fixe.

Et pour vous, Monsieur, quel est votre destination ?

Sans se fâcher des deux moqueries à son intention,

Aux germanophobes, le voyageur Suisse-Allemand

Tranquillement et en articulant fort distinctement:

Personnellement, je vais descendre à Mâcon!

 – Oui, Mâcon ! Je vais à Mâcon… avec deux «con» !

suisse allemand

Merci à Mix & Remix qui pourrait être l’enseignant de son dessin: en suisse-allemand on ne dira pas « Nein ! », mais « Nei ! »

Saucisse et vengeance se mangeront froides.

Saucisse et vengeance se mangeront froides.

Et pour la saucisse ce n’est même pas certain !

Bière en main, un homme, véritable macho,

Reste vautré dans son hamac. Il fait si chaud !

Il imagine être un vrai mec, du genre très viril

On est en plein été, c’est la saison des grils.

Midi. Sur la grille, Madame prépare la pitance.

Le mâle affalé, ne lui prête aucune assistance.

rotibeauf

La muflerie crasse du beauf n’a aucun frein

À sa femme, il tient à peu près ce refrain :

Dis donc bobonne !… La largeur de ton cul

Est aussi imposante que celle du barbecue.

Madame reste de marbre, point ne s’énerve,

Garde simplement sa vengeance en réserve.

*****

Fin de soirée, le couple se retrouve au plumard,

Madame tourne le dos à son affreux zigomar.

Lui ne veut point dormir, il a autre idée en tête.

Du popotin rebondi de Madame se met en quête.

Alors se retournant, à l’oreille, elle lui murmure :

Non, mon bonhomme ! T’as qu’à avaler du bromure !

– T’imagines pourtant pas que ça vaille l’exercice,  

De vouloir r’mettre le feu au gril pour si p’tite saucisse !