Fable des Artisans et des députés

Fable des Artisans et des députés

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Un matin, le fleuriste se rend chez son coiffeur,

De sa grande tignasse, veut éliminer la touffeur.

Après que la lourde chevelure eût été choyée,

Le surplus fut éliminé. Au moment de payer,

Notre Figaro déclare ceci : «C’est gratuit !

Vous êtes mon premier client aujourd’hui.

Et je fête les dix ans de mon établissement.»

Le fleuriste fort content s’en va alors gentiment.

 *****

Ouvrant sa boutique, le matin du lendemain

Le coiffeur voit son client des fleurs à  la main.

Le fleuriste venait remercier de la belle attention.

Après quoi, le Figaro remit ses ciseaux en action,

En taillant la chevelure de son voisin boulanger.

«Ce matin, votre argent, vous pouvez ranger!

Je fête les dix ans de mon établissement.»

Le boulanger content parti ensuite sans boniment.

 ***** 

Avec pain doré et douzaine de croissants

Ainsi que série de mots gentils, réjouissants.

Le boulanger, à la porte du coiffeur à frappé.

Mais c’matin, les tifs du pâtissier on va couper.

«Faut me faire beau, je suis invité à un souper.»

Le coiffeur pratique son art sans rien loupé

Et notre Figaro déclare: «Hier, aujourd’hui

Toute la s’maine, l’premier client, ce sera gratuit !»

***** 

Sur le pas de porte, en début de journée,

Douze belles pâtisseries sont retrouvées:

Une spécialité, les fameuses croquignoles.

Et l’ premier client, un Député, un branquignole!

Lorsqu’il s’crut obligé d’payer, le coiffeur lui dit:

«Aujourd’hui, pour vous aussi ce sera gratuit !

Je fête les dix ans de mon établissement.»

Le Député quitta la boutique en marmonnant.

*****

Le lendemain, à l’ouverture de son échoppe

Le coiffeur croit qu’c’est la berlue qui l’chope.

Devant sa porte, une douzaine de Députés,

Tous, les cheveux voulaient se faire amputer.

Le Figaro comprit que les rats étaient en ville.

Stupeur!… Il vit même un chauve dans la file.

Artisans, Vous êtes vraiment gentils gaillards

Mais les députés souvent de vils politicards !

***** 

Comme chiffonniers, se battent devant l’échoppe,

Voilà qu’entre eux, au collet, tous, ils se chopent.

On s’pousse, on s’bouscule, on veut être premier,

Être celui qui ne devra débourser aucun denier!

Eux, si un jour ils disent «Demain on rase gratis !»

Faites attention, c’est des voix qu’ils ratissent.

Et ce n’s’ra qu’entourloupes et mauvais slogans.

Les paroles trompeuses de menteurs arrogants.

 

Envoi

Même chez le barbier, la gratuité est plus que rare.

Chez ce coiffeur, une histoire de gars fort peut avare.

Mais les politicards, eux, toujours garderont leurs tares

Et, vis-à-vis des citoyens, se comporteront en vils pillards.

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